Page:Fustel de Coulanges - La Cité antique.djvu/213

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A sa gauche était assis un augure, la tête couverte des bandelettes sacrées, et tenant à la main le bâton augurai. Il figurait dans le ciel certaines lignes, prononçait une prière, st posant la main sur la tête du roi, il suppliait les dieux de marquer par un signe visible que ce chef leur était agréable. Puis, dès qu’un éclair ou le vol des oiseaux avait manifesté l’assentiment des dieux, le nouveau roi prenait possession de sa charge. Tite-Live décrit cette cérémonie pour l’installation de Numa; Denys assure qu’elle eut lieu pour tous les rois, et après les rois, pour les consuls; il ajoute qu’elle était pratiquée encore de son temps’. Un tel usage avait sa raison d’être : comme le roi allait être le chef suprême de la religion et que de ses prières et de ses sacrifices le salut de la cité allait dépendre, on avait bien le droit de s’assurer d’abord que ce roi était accepté par les dieux.

Les anciens ne nous renseignent pas sur la manière dont les rois de Sparte étaient établis en fonctions; ils nous disent du moins qu’une cérémonie religieuse était alors accomplie*. On reconnaît même à de vieux usages qui ont duré jusqu’à la fin de l’histoire de Sparte, que la cité voulait être bien sûre que ses rois étaient agréés des dieux. A cet efi"et, elle interrogeait les dieux eux-mêmes, en leur demandant « un signe ari;x£rov. » Voici quel était ce signe, au rapport de Plutarque: « Tous les neuf ans, les éphores choisissent une nuit très-claire, mais sans lune, et ils s’asseyent en silence, les yeux fixés vers le ciel. Voient-ils une étoile traverser d’un côté du ciel à l’autre, cela leur indique que leurs rois sont coupables de quelque faute envers les dieux. Ils les suspendent alors de la royauté jusqu’à ce qu’un oracle venu de Delphes les relève de leur déchéance*. »

1. Tite-LiTe, I, 18. Denys, II, 6; IV, 80. — De là Tient que Plutarque, résuaiast n discours de Tibérius Gracchus, lui fait dire : Jj ^i paciUlm \mX( H.iï((nanl»j»u() tai; xaîiuoltoTai uob? tô 8»Tov. (Plut., Tiberius, 16.)

2. Thucydide, V, 16, in fine.

3. Plutarque, Agis, il.