Page:Fustel de Coulanges - La Cité antique.djvu/299

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de recevoir les testaments, de juger en matière de propriété immobilière, toutes choses où la religion se trouvait intéressée, fut dévolue à l’archonte. La charge d’accomplir les sacrifices solennels et celle de juger en matière d’impiété furent réservées au roi. Ainsi le titre de roi, titre sacré qui était nécessaire à la religion, se perpétua dans la cité avec les sacrifices et le culte national. Le roi et l’archonte joints au polémarque et aux six thesmothètes,qui existaient peut-être depuis longtemps, complétèrent le nombre de neuf magistrats annuels, qu’on prit l’habitude d’appeler les neuf archontes, du nom du premier d’entre eux.

La révolution qui enleva à la ruyaulé sa puissance politique s’opéra sous des formes diverses, dans toutes les cités.AArgos, dès la seconde génération des rois doriens, la royauté fut affaiblie au point «qu’on ne laissa aux descendants de Téménos que le nom de roi sans aucune puissance » ; d’ailleurs cette royauté resta héréditaire pendant plusieurs siècles*. A Cyrène les descendants de Battes réunirent d’abord dans leurs mains le sacerdoce et la puissance; mais à partir de la quatrième génération on ne leur laissa plus que le sacerdoce*. A Corinthe la royauté s’était d’abord transmise héréditairement dans la famille des Bacchiades ; la révolution eut pour effet de la rendre annuelle, mais sans la faire sortir de cette famille, dont les membres la possédèrent à tour de rôle pendant un siècle’.


4e Même révolution à Rome.


La royauté fut d’abord à Rome ce qu’elle était en Grèce. Le roi était le grand prêtre de la cité; il était en même temps le juge suprême ; en temps de guerre, il commandait les citoyens armés. A côté de^ lui étaient les chefs de famille, patres^ qui formaient un Sénat. Il n’y avait qu’un roi, parce

1. Pausanias, II, t. 9.

2. Hérodote, IV, 161. Diodore, Vm, Fragm. /

3. Diodore, VII; Hérodote, V, 93; Paaaaniu, H, I flt4. La^WM d^Baèchiades comprenait à pta près 300 membres.