Page:Gasquet - Les Chants séculaires, 1903.djvu/71

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A Maurice Barrés.




L’arbre battu par les grands vents
A laissé comme dans un rêve
Monter à flots la verte sève
Au cœur des feuillages mouvants.

Sous la pluie et le ciel nocturne,
Du rouge soir au blanc matin,
Toutes les formes du destin
Ont tenté mon cœur taciturne.

Et maintenant l’arbre innocent,
La fleur de chair, le fruit de gloire,
Pour mieux aimer ne veut plus croire
Qu’aux seules vertus de son sang.