Page:Gautier - En Chine, Les arts graphiques, 1911.djvu/19

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée



EN CHINE

CHAPITRE I

ANTIQUITÉ DE LA CHINE

LA CHINE est une des plus vénérables aïeules du Monde et de la civilisation. Elle nous offre cet exemple unique dans l’histoire de la terre d’un peuple qui, depuis la plus lointaine antiquité, s’est développé sans interruption, jusqu’aux temps modernes toujours semblable à lui-même sans se mêler, sans se diviser à travers les siècles, les invasions, les conquêtes, car il a toujours su s’assimiler le vainqueur. A peine modifié dans son langage et son écriture, ce peuple est aujourd’hui ce qu’il était plus de VIII siècles avant la naissance de la civilisation grecque. L’Egypte, Babylone, l’Indoustan, la Grèce, Rome, toutes ces splendeurs se sont éteintes, seule la Chine a traversé les âges, d’un cours égal, sans s’amoindrir comme un beau fleuve intarissable.

Les commencements de la Chine s’enfoncent en de tels lointains, qu’il est impossible de les fixer avec certitude, mais à partir d’un certain point, rien n’est plus certain ni mieux prouvé que son antiquité rien de plus sûr que ses annales. Près de trois mille ans avant notre ère, elle avait déja un passé, car c’est alors que fut fondé le Tribunal pour écrire l’histoire." Ce tribunal n’a jamais cessé ses travaux, et fonctionne encore aujourd’hui. Son histoire est très véridique