Page:Gautier - En Chine, Les arts graphiques, 1911.djvu/33

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considéré comme fondamental. Line-Lene divisa alors sa progression de dix en dix, et, du même coup, inventa le système décimal, qui fut aussitôt appliqué aux poids et aux mesures. Il donna le nom de Liu (base, règle, principe) à la note, élue comme fondamentale cette note correspond à la notre fa. Le sage découvrit bientôt que l’octave musicale pouvait se diviser en douze demi-tons. Il coupa avec soin douze tubes qui rendaient exactement les douze demi-tons. Il les distribua en Yang-Liu, liu parfaits et en Yn-Liu, liu imparfaits. Les Yang-liu corrPspondent aux notes naturelles, les Yn-liu aux dièzes. Line-Lene fixa ensuite sept modes formés chacun par la réunion de cinq yang et de deux pien, c’est-à-dire de cinq tons et de deux demi-tons Fa, sol, la, si, do, ré, mi, en chinois Kong, Chang, Ko, Pien-Tche, Tche, Yu, Pien-Kong exactement la gamme dont nous nous servons aujourd’hui. Pythagore, deux mille ans après Line-Lene, essaya lui aussi de déterminer les rapports des tons au moyen de mesures et de poids, et il est curieux de constater que, si l’on a reconnu des erreurs dans les conclusions de Pythagore, celles du mathématicien Chinois sont demeurées inattaquables.

Quelques siècles après Line-Lene, il y a quatre mille cinq cents ans seulement, l’empereur Chun fonda un conservatoire de Musique, le premier en date bien certainement. Seuls, les fils des princes et l’élite de la noblesse étaient admis à y faire leurs étude. La direction de ce conservatoire fût confiée à un musicien très renommé, qui n’avait pas pour nos oreilles un aussi joli nom que celui d’Orphée. Il