Page:Gautier - En Chine, Les arts graphiques, 1911.djvu/40

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


CHAPITRE V

LA POÉSIE

Un jour, le grand sage Confucius rencontra son fils sur le seuil du pavillon des Livres, et lui dit il 1\, Ion cher Khong-Li, êtes-vous bien avancé dans l’étude de la poésie

Avec un certain dédain, l’adolescent répondit Je ne m’y adonne pas, mon père.

Vous avez tort, mon fils. Si vous n’apprenez pas la poésie, si vous ne vous exercez pas à faire des vers, dussiez-vous ne devenir qu’un médiocre poète, vous ne connaîtrez jariais complètement votre langue, vous ne saurez pas bien parler.

Confucius, lui, était poète. En Chine, la poésie semble aussi ancienne que la Chine elle-même, et comme cela arrive presque toujours, le premier de ses poètes, ce fût le peuple. Il chantait les vertus de ses souverains, leurs exploits, leurs fêtes, il les blâmait aussi quelquefois, et dirigeait contre eux de vives épigrammes. De leur côté, les empereurs répondaient par des exhortations, composaient des hymnes, des chants de guerre, des élégies. Un grand nombre de ces poèmes primitifs ont été rassemblés et sauvés de l’oubli par Confucius, qui les a classés et en a formé le recueil si célèbre, intitulé Le CheKing livre des vers.

Dans la grande préface de ce recueil, le Maître