Page:Gautier - En Chine, Les arts graphiques, 1911.djvu/44

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toit, avec les murailles, au pied de ce rocher à pic, tout est tombé. Les Feux-Esprits, nés du sang des soldats tués, hantent la rÍtine. Sur la route détruite, les sources qui s’écoulent, semblent sangloter des regrets.

Et du bruit de toutes ces eaux vives ; les échos forment une véritable musique. La couleur de l’automne jette sa douce mélancolie sur toutes choses.

Hélas la beauté de celles, qui, là furent belles, devient maintenant de la poussière jaune. A quoi servit, alors, d’admirer le charme factice du fard et même la vraie beauté qui s’en ornait, non moins que lui, éphémère

Et ce roi 1 qu’est devenue la"garde fringante qui accompagnait son char doré

De tant de biens, de tant de créatures, que lui reste-t-il aujourd’hui ? Rien de plus qu’un cheval de pierre sur son tombeau.

Une profonde mélancolie me vient sur la natte que m’offre l’herbe douce, je m’assieds. Je commence à chanter. Mes larmes, qui débordent mouillent mes mains, me suffoquent.

Hélas, tour à tour, chacun s’avance sur le chemin. Et tous savçnt bientôt qu’il ne conduit à rien." En voici une de Li-Tai-Pé, intitulée

JEUNESSE

L’insouciant jeune homme qui habite sur le chemin des tombes impériales non loin du Marché d’or de l’est, sort de sa demeure au pas cadencé