Page:Gautier - En Chine, Les arts graphiques, 1911.djvu/50

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illusion. Les jeunes gens choisis pour ces rôles sont beaux de visage, gracieux, petits et minces, ils laissent pou~ser leurs cheveux, se fardent habilement, et poussent la coquetterie jusqu’à se mettre de faux petits pieds, Voici comment ils procèdent le talon repose sur un morceau de bois qui maintient le pied, la pointe en bas dans une position presque verticale, la pointe seule est chaussée d’un petit soulier de soie brodée d’or. Des bandelettes enroulées, le pantalon bouffant, attaché au milieu du cou-de-pied, dissimulent un peu la fraude et la démarche embarrassée, qui résulte de ces arrangements, aide à l’illusion. Que de dames chinoises, que de parvenues et de marchandes enrichies ont eu recours à cet artifice comme les jeunes acteurs.

Dans les grandes villes-à Pekin, à Shanghaï, il y a des théâtres fixes, et ils sont aménagés le mieux du monde pour l’agrément et le bien-être des spectateurs. A Pékin, ils sont groupés dans le même quartier et les comédiens logent presque tous dans la rue des théâtres.

Quand on y passe, le matin, on les entend déclamer leurs rôles, ou imiter-à n’en plus finir le chant du coq. Il parait qu’il n’y a rien de tel pour fortifier la voix. Les théâtres, n’ont, en général, pas de troupe spéciale, des troupes ambulantes jouent dans les uns et dans les autres ; le plus souvent, elles courent la province et sont engagées par les préfets ou par les bonzes, à l’occasion d’une fête populaire, soit dans les maisons de riches particuliers qui veulent faire suivre l’agrément d’un festin par le plaisir