Page:Gautier - En Chine, Les arts graphiques, 1911.djvu/51

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plus noble d’une représentation. Dans ce cas, à l’instant où l’on se met à table, on voit entrer cinq acteurs, richement vêtus, qui se prosternent. Puis l’un d’eux, présente au maître de la maison un livre qui contient en lettres d’or les titres d’une soixantaine de pièces que la troupe est en état de représenter sur-le-champ on fait circuler cette liste et le convive le plus’qualifié désigne la pièce qui lui plaît le mieux.

Toute œuvre dramatique, disent les maîtres, doit avoir un sens sérieux et un but moral. Une pièce sans moralité est ridicule. Elles doivent présenter les plus nobles enseignements de l’histoire, à ceux qui ne savent pas lire, montrer des peintures, vraies ou supposées de la vie, capables d’inspirer la pratique de la vertu. Une pièce immorale est un crime. Son auteur est puni, dans l’autre monde, et son expiation dure aussi longtemps que sa pièce est joûée sur la terre.

Déjà au huitième siècle, dans le palais de TchaneGanne, l’empereur Mine-Roan avait fait édifier un superbe théâtre, dans lequel il jôua en personne. Il s’occupait lui-même de sa troupe d’acteurs, dirigeant les études et les répétitions. Elles avaient lieu le plus souvent, dans une partie des parcs qu’on appelait l’Enclos des poiriers." C’est pour cela que l’on nomme encore quelquefois les acteurs, Les élèves de l’enclos des poiriers."

L’engouement de la cour pour l’art théâtral gagna vite les hauts fonctionnaires et les particuliers. Chacun voulut avoir son théâtre privé, ses acteurs et sa troupe de danseurs. Cela devint bientôt une folie qu’il fallut réprimer ; on limita entre autres, le nombre