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CHAPITRE VIII

LE MOBILIER

POUR se fournir de beaux meubles en Chine, il faut se rendre dans une des rues les plus commerçantes de Canton, et aller les choisir au magasin très célèbre de Long-Sing-Kong.

Aussitôt entrés, nous irons tout droit à ce beau lit taillé dans un bois d’une essence particulière, nommé pa-ko, auquel les différents vernis communiquent les tons les plus divers. De fines colonnettes supportent le ciel du lit, autour duquel circule une double galerie fouillée à jour, comme une dentelle. Toutes les parties sculptées ont le ton chaud du vieil ivoire et contrastent très heureusement avec la couleur plus sombre des parties planes. Un dragoii s’entortille autour des colonnettes de là façade et forme une ornementation très originale. Ces colonnes s’appuient sur des groupes de dix personnages dans l’un, un jeune garçon s’apprête à soulever le couvercle d’une espèce de bol qu’il présente à son compagnon avec des contorsions bizarrea ; de l’autre côté, un des personnages tient entre ses bras un dauphin qui fait jaillir une gerbe d’eau par sa gueule ce qui parait amuser prodigieusement la seconde statuette. Ces deux sujets doivent faire allusion aux premières actions de la vie jourlalière : les ablutions matinales, et le : déjeuner.