Page:Gautier - En Chine, Les arts graphiques, 1911.djvu/62

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À chaque angle de la toiture, un chien fantastique tient entre ses dents, d’un côté un sabre, de l’autre un bâton de commandement, ce qui semblerait indiquer que ce lit a été exécuté pour un mandarin guerrier. Quatre petits groupes, qui surchargent l’ornementation, nous paraissent confirmer cette hypothèse. On y voit, dans l’un, un che£milltaire entouré de son escorte, qui part pour la guerre, enseignes déployées dans l’autre, le même mandarin "garde une allure plus paisible, et s’avance suivi d’un cortège civil le troisième nous fait assister à un combat acharné, dans lequel notre héros remporte la victoire, car le dernier groupe a pour sujet une marche triomphale, où le glorieux vainqueur est ramené par une foule enthousiaste, au milieu des bannières conquises, et précédé par des musiciens qui, à en croire leurs attitudes, doivent faire un beau charivari. Le plafond du lit est tendu de soie et une belle frange doublant la ramagure de la frise met la dernière touche à cet admirable meuble.

Un autre lit taillé dans le même bois arrondit ses formes singulières à côté de celui-ci. Le ciel est pareil à’l’arceau d’une tonnelle qui se refermerait de façon à former le cercle parfait. Imaginez-vous une grosse lanterne ronde dans laquelle on aurait taillé, de chaque côté, une ouverture. Les parois. sont faites de mousseline divisée en carrés par de légers châssis de bois la transparente étoffe est historiée de peintures évoquant des scènes de la vie privée, des paysages clairs de lune, ou levers de soleil. Un troisième lit, fait sans doute sur un modèle européen de superbes buffets incrustés de nacre,