Page:Gautier - Le Second Rang du Collier.djvu/14

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pour nous, le résultat de cette aventure. Le départ de ma mère amenait logiquement l’installation complète de l’institutrice à la maison, tant que durerait l’absence.

Cela eut lieu, en effet, le lendemain même du départ ; Honorine emménagea, et, comme le logis de la rue Richer restait désert, elle dut joindre à ses bagages le gros matou tigré de sa mère et le bengali de sa sœur.

L’arrivée du chat nous intéressa.

Au sortir du panier, où il était blotti tout effaré, on présenta au nouveau venu, qui s’appelait Gil Blas de Santillane, Don Pierrot de Navarre, notre angora blanc, chéri de tous. Don Pierrot cligna ses doux yeux, pour faire accueil à son hôte, mais celui-ci, qui, avec son museau noir et sa robe bigarrée, aurait pu tenir le rôle d’Arlequin, était peu sociable : il lui cracha au nez, et, dès qu’il put s’enfuir, d’un bond prodigieux, gagna le sommet de l’armoire à glace et disparut derrière le fronton de palissandre. Là, sans doute, il se mit en observation, pour se rendre compte, à loisir, du nouvel état de choses.

Mon père prit la chambre de ma mère et abandonna la sienne à Mlle Huet, qui, dès lors, dirigea tout dans la maison, en nous surveillant de plus près encore.

À peine nous était-il possible de récriminer, en secret, dans la compagnie de Marianne et d’An-