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Les jours de ces représentations, avec cette répétition générale devant le roi, forment sans nul doute pour Wagner le point culminant, de sa destinée d’artiste ; ils contiennent les heures ineffables qui payent toute une vie d’efforts, de déceptions, de misères : « son idéal réalisé », la splendeur de son génie resplendissant pour lui-même, le pénétrant tout entier d’une brûlante certitude !…
Et quelle magnifique trinité : Richard Wagner, Louis II et l’incarnation de Tristan ! Quelle noble joie les enivrait tous ! « Comme je bénis ces heures ! s’écriait Schnorr dans un élan d’enthousiasme. Ô maître, entre ce roi divin et vous, il faudra bien que j’arrive, moi aussi, à faire quelque chose de beau ! »
Une conclusion extraordinaire, imprévue, vint brusquement interrompre cette magnifique manifestation d’art, après la quatrième représentation. Wagner éprouva d’abord pour le prodigieux exploit de Scbnorr un étonnement respectueux qui s’accrut jusqu’à l’angoisse et finit par devenir un véritable effroi. Impossible d’admettre que le chanteur renouvellerait cet exploit régulièrement, selon l’usage des théâtres : le Maître eût considéré cela comme un crime,