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LE COLLIER DES JOURS


injouable, bafoué, couvert de bave, allait devenir une indéniable réalité artistique. Créer un style allemand pour la représentation d’œuvres issues du génie allemand, tel fut notre mot d’ordre. Et c’est parce que je conçus ce réconfortant espoir que je me déclare encore contre toute reprise prochaine de Tristan. Cette œuvre et ces représentations étaient si différentes des spectacles habituels qu’elles nécessitaient un saut trop brusque dans cet inconnu qu’il fallait d’abord conquérir : des gouffres, des précipices étaient béants devant lui, il fallait commencer par les combler avec soin, afin de frayer la voie, vers nous, artistes isolés, vers nos sommets, à l’association indispensable.

Donc, Schnorr étant des nôtres, la fondation d’une école royale de musique et d’art dramatique fut résolue.

Hélas ! que d’obstacles, que de luttes encore ! et, avant l’œuvre achevée, la mort brutale frappant le héros, en pleine jeunesse, en pleine beauté !…

À mon tour, quand je passais, maintenant, dans la galerie, devant l’image superbe de Schnorr de Karolsfeld, je sentais mon cœur se serrer et je retenais un cri de colère, de révolte, contre l’aveugle et imbécile destin…