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LE TROISIÈME RANG DU COLLIER


et nous prenons grand plaisir à écouter les morceaux que nous avons si rarement l’occasion d’entendre chez nous. Le public des dîneurs — et notre ferveur s’en réjouit — fait toujours un accueil particulièrement chaleureux aux morceaux tirés des œuvres de Wagner.

Un jour, dans un lointain restaurant, on jouait l’ouverture des Maîtres Chanteurs ; mais l’orchestre était singulièrement disposé : faute de place, on l’avait installé sur la galerie extérieure d’un chalet situé au milieu d’un jardin, galerie étroite où deux musiciens, bien juste, pouvaient s’asseoir de front, de sorte que l’assemblée des exécutants était étirée d’un bout à l’autre de la façade et que les contrebasses se trouvaient à une folle distance des cuivres. Nous avions quitté la table où nous dînions pour chercher l’endroit où les sons seraient le moins éparpillés et nous nous étions placés devant la galerie, en face du chef d’orchestre qui en occupait le milieu.

Non loin de nous, un groupe de trois jeunes hommes, qui s’étaient aussi rapprochés des musiciens, nous examinaient à la dérobée, avec une avide insistance. L’un d’eux, grand, mince, d’un blond très pâle, me sembla résumer le type