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disputer mutuellement, et sans aucune dissimulation. Son habit ne leur en impose donc pas ?
— Au contraire, il les enflamme plutôt : c’est l’attrait du fruit défendu !… Liszt exerce, d’ailleurs, une fascination extraordinaire sur ceux qui le comprennent et l’admirent : j’en puis parler, car je la subis moi-même sans chercher à m’en défendre et je suis fier d’être de ses élèves… Mais certaines femmes vont vraiment trop loin : c’est de l’idolâtrie, du fétichisme ; elles se disputent une fleur qu’il a touchée, ramassent ses bouts de cigare ; celles qui sont assez indépendantes pour pouvoir le faire le suivent de ville en ville, tout le long de l’année.
— Et cela ne l’exaspère pas ?
— Il serait très malheureux, au contraire, si cette atmosphère d’amour qui l’environne venait à lui manquer. Il aime cet encens et ces flatteries excessives. Il a besoin de cette royauté mystique, et, pour la conserver, très habilement, il distribue des grâces, selon les mérites ou d’après ses préférences…
— Mais comment peut-il maintenir l’harmonie parmi son harem, et enchaîner les jalousies et les rivalités ?