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LE COLLIER DES JOURS


passions nos soirées ? Toujours est-il qu’on le sut : un soir que nous avions soupé au Café Maximilien, au moment où nous allions en sortir, nous vîmes arriver plusieurs équipages qui se suivaient, et s’arrêtèrent l’un après l’autre devant le café ; avant que nous eussions le temps de rien comprendre, la comtesse Muchanoff descendit de la première voiture et entra rapidement.

— Enfin on vous trouve ! s’écria-t-elle. Vous êtes devenus insaisissables : à votre logis, vous n’y êtes jamais ; vous ne venez pas quand on vous invite. Alors nous nous sommes décidés à vous chercher partout. Voilà une heure que nous courons toutes les brasseries, tous les restaurants de Munich ; il ne restait plus que celui-ci !

Nous étions un peu interloqués. Villiers avait fait mine de s’enfuir ; mais la retraite était coupée, les portières des autres voitures s’ouvraient : dames et messieurs, ayant fait partie de l’élégante société qui assistait à la désastreuse fête, s’éparpillaient sur le trottoir très éclairé.

— C’est très mal de faire bande à part, reprend madame Muchanoff, d’organiser de charmantes