Page:Gautier - Le Troisième Rang du collier, 4e éd.djvu/216
La première dépêche qui arrive le lendemain est pour Richter :
Est-ce qu’on me fera vraiment l’affront de donner mon œuvre demain ?
Au théâtre, l’Or du Rhin est toujours affiché. Richter montre la dépêche de Wagner à Perfall, qui, sans en tenir compte, persiste à jouer l’œuvre à la date fixée.
Je reçois une lettre de Tribschen, dans laquelle Wagner me fait dire « qu’il me remercie du tableau si vivant que je lui ai donné de cette débâcle ; qu’il a télégraphié au roi pour lui demander de suspendre les représentations ; qu’il a télégraphié à Betz pour le prier de refuser de chanter dans ces conditions. »
Le dimanche matin, Richter va, une dernière fois, voir l’intendant et lui dit :
— La représentation de l’Or du Rhin n’aura pas lieu ce soir, car je ne dirigerai pas l’œuvre contre la volonté de son auteur.
– Vous ne la dirigerez ni ce soir, ni jamais, s’écrie Perfall, car vous n’êtes plus maître de chapelle au Théâtre Royal.