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LE COLLIER DES JOURS


que je ne cède pas, comme il le fait, à la destinée et que je refuse de diriger les études de l’Or du Rhin, et je suis peiné de ce qu’il use de son droit en le faisant représenter ; mais autant ma protestation est muette, autant son blâme est silencieux. Rien de plus ne peut troubler une amitié telle que la nôtre : c’est seulement une rafale, qui ternit un instant la surface d’un beau lac.

— Alors, Maître, que pourrez-vous faire d’ici à après-demain jeudi ?

— Je veux d’abord, et surtout, réinstaller Richter au pupitre et j’ai demandé qu’il y ait une répétition demain, pour moi seul, où je tâcherai d’améliorer le plus possible, de corriger les plus grosses fauts, si faire se peut… Je devais cet effort à mon honneur d’artiste, au dévouement de notre incomparable Richter et de mes interprètes ; je le devais à mes amis : c’est cela qui a pu me faire manquer à la parole que je m’étais donnée à moi-même de ne pas venir et de ne me mêler aucunement de cette affaire.

Richter, en présence de Wagner, gardait l’expression extatique d’un prêtre devant une sainte apparition : debout à quelques pas, il écoutait le maître avec recueillement ; ses yeux fixes luisaient derrière le miroitement de ses