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ne va pas diminuer les griefs contre le roi : donc taisons-nous. N’empêchons pas les gens d’imaginer que la mise en scène de l’Or du Rhin est superbe ; qu’on mette mon œuvre en chair à pâté, j’y consens, pourvu qu’on n’incrimine pas le roi et qu’on me laisse tranquille.
Richter vient d’arriver :
— Maître, dit-il, j’ai fait mes adieux aux musiciens de l’orchestre, qui m’ont répondu par une ovation très touchante. Ils me prient de mettre à vos pieds leurs hommages enthousiastes.
— Mon pauvre ami, dit Wagner, c’est vous la vraie victime de cette déplorable aventure.
Mais Richter réplique, les yeux rayonnants de joie :
— Je suis heureux !
Wagner lui tend les bras et l’embrasse avec effusion.
— Ah ! voici Wotan ! dis-je, en voyant entrer le chanteur Betz.
— On vient de coller de nouvelles affiches ! s’écrie-t-il. « L’orchestre sera dirigé par M. Wülner, le rôle de Wotan sera chanté par M. Betz ! » Ha ! ha ! ils croient cela !… Eh bien, l’Or du Rhin ne sera représenté ni demain jeudi, ni même