Page:Gazier - Histoire générale du mouvement janséniste, depuis ses origines jusqu’à nos jours, tome 1.djvu/171

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CHAPITRE IX
La grande persécution (1664-1668). — Péréfixe et Port-Royal. — Les quatre évêques. — La paix de Clément IX

Il y avait eu à Paris, durant l’année 1663, des tentatives de pacification religieuse. L’évêque de Comminges, Gilbert de Choiseul, un modéré qui estimait infiniment les jansénistes[1], se mit en campagne avec l’assentiment du roi, et il put croire quelque temps que ses démarches aboutiraient à un accommodement. Il s’était abouché, dans sa candeur, avec le Père Ferrier, le fidèle Achate du Père Annat, et il avait été stipulé, dès le premier jour, qu’on n’exigerait point de signature sur le fait de Jansénius, le silence respectueux suffirait. Mais les Jésuites associés se montrèrent chaque jour plus exigeants et plus intransigeants, et finalement leur insigne fourberie fit échouer l’affaire. Choiseul avait marché droit devant lui malgré les obstacles, et il ne s’était même pas laissé décourager par l’abstention systématique et finalement hostile d’Antoine Arnauld. Il était arrivé à des résultats très appréciables, car les disciples de saint Augustin lui avaient remis une déclaration en quinze articles, dont Rome avait reconnu l’orthodoxie, et, le 18 ou le 20 sep-

  1. L’évêque de Comminges était plus qu’à demi janséniste. Il eut le courage de dire au roi qu’il perdrait plutôt son évêché que d’abandonner la doctrine de saint Augustin et de saint Thomas sur la grâce efficace. Hermant, tome VI, p. 536.