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chapitre x

devenu ministre, l’obligeait à une très grande réserve, et c’est quand la paix de l’Église lui parut bien assurée qu’il revit ses espaliers, dont les pêches et les poires avaient jadis été offertes à la reine mère. Il y mourut paisiblement et saintement au mois de septembre de l’année suivante.

Les Granges, c’était l’ancienne maison des petites Écoles, mais on ne songea pas un seul instant à les rétablir, bien que leurs plus illustres maîtres eussent toute facilité pour y revenir, Lancelot excepté, car, après avoir terminé l’éducation du jeune duc de Chevreuse, il était alors précepteur des princes de Conti. C’est l’amour de la paix, et peut-être aussi la prudence, qui inspirèrent aux Messieurs de Port-Royal ce grand sacrifice ; il ne fallait pas éveiller la susceptibilité des Jésuites, qui avaient si fort redouté la concurrence de Port-Royal, éducateur de la jeunesse. On n’avait pas les mêmes appréhensions au sujet de l’éducation des filles ; on reçut donc des petites pensionnaires qui furent élevées pour le monde ou pour le cloître comme le voulaient les constitutions et d’après la méthode de Jacqueline Pascal. Elles étaient au nombre de quarante-deux lorsqu’elles furent chassées, en 1679 ; Besoigne a donné tous leurs noms[1].

En même temps que le pensionnat, le noviciat fut reconstitué (Besoigne compte treize postulantes ou novices), et il fallut bâtir aux Champs comme on avait bâti à Paris durant près de trente ans. Alors s’élevèrent, aux frais de Renaud de Sévigné, des constructions nouvelles. Il y avait un vieux cloître gothique du xiiie siècle, on le détruisit sans hésiter pour le remplacer par des arcades en briques, et ses fines colonnettes,

  1. Histoire de Port-Royal, tome II, p. 528.
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