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histoire du mouvement janséniste

une sorte de don de joyeux avènement oifert par le ministre Pomponne à son vieux père, ou une de ces publications que l’on fait aujourd’hui pour le jubilé d’un grand artiste ou d’un grand écrivain. Rien ne pouvait charmer davantage le bon octogénaire que cet hommage public rendu au meilleur de ses amis ; et pour rendre cet hommage plus éclatant, dix-sept évêques français, joignaient leurs approbations motivées à celles des docteurs, parmi lesquels figurait encore Grenet. Jamais Saint-Cyran n’avait été glorifié de la sorte, c’est une véritable apothéose. L’archevêque de Sens, Henri de Gondrin, ouvrait la série en déclarant que les Lettres d’où ont été tirées les instructions chrétiennes sont « toutes pleines de l’esprit de Dieu ». Godeau affirmait que nul livre de dévotion ne valait celui-là, et il ajoutait « Bien loin qu’il s’y soit glissé la moindre erreur, tout y est utile, tout y est orthodoxe, tout y est saint. » Gilbert de Choiseul, ancien évêque de Comminges, élevé depuis peu sur le siège de Tournay, comparait l’amitié de Saint-Cyran et d’Arnauld d’Andilly à celle de David et de Jonathas, et il disait des Instructions qu’elles lui paraissaient à lui aussi « pleines de l’esprit de Dieu et propres à inspirer les véritables maximes de l’Évangile. » L’approbation de Le Camus, évêque nommé de Grenoble et futur cardinal, est importante, car il déclare qu’il a lu le livre à la prière de l’archevêque de Paris, qui était alors Harlay de Chanvallon, nommé six mois auparavant ; et dès lors c’est comme une approbation double. L’évêque de la Rochelle, Henri de Laval, fils de Mme de Sablé, est allé plus loin que tous les autres, car pour glorifier Saint-Cyran, il n’a pas craint de mettre, comme on dit, les points sur les i. « Ces admirables Lettres, dit-il, firent voir que ce savant homme