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CHAPITRE XI

Renouvellement de la persécution ; Harlay de Chanvallon et le Père La Chaise. — Mort de Mme de Longueville. — Arnauld et Nicole. — Les amis du monastère.



La paix de Clément IX devait être éternelle, comme le sont en principe tous les traités ; elle n’a pas duré dix ans, parce qu’on avait commis la faute de ne pas couper le mal dans sa racine comme on aurait pu le faire en abolissant le Formulaire. La première infraction à la paix de 1668, fut ce qu’on appelle l’arrêt du camp de Ninove, rendu par Louis XIV pendant la campagne de Flandre, le 30 mai 1676. Il visait directement l’évêque d’Angers, que certains ecclésiastiques de son diocèse avaient accusé d’intolérance au sujet de la signature du Formulaire d’Alexandre VII. Le roi rendit cet arrêt à l’instigation du Père La Chaise et de l’archevêque de Paris ; il y déclarait que la possibilité de signer le Formulaire avec explication était un effet de la condescendance du pape en faveur de quelques particuliers scrupuleux, et nullement une révocation de la bulle qui prescrivait la signature pure et simple. Ici encore Sainte-Beuve se trompe[1] ; il paraît admettre la réalité d’un fait que l’évêque d’Angers a nié formellement, c’est-à-dire la défense de signer sans explication, et il dit qu’en cela Henri Arnauld était repréhensible et blâmé par l’évêque de Grenoble et par

  1. Port-Royal, T. V, 151.