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chapitre iv

généreuses qui lui sont venues en aide comme Anne d’Autriche venait en aide au Val-de-Grâce et l’on a vu le rôle qu’ont joué lors de la construction de Port-Royal Mme de Pontcarré, la princesse de Guéméné, la marquise d’Aumont et la marquise de Sablé. Il n’est donc que juste de consacrer quelques pages aux bienfaitrices de Port-Royal. Elles constituent, on peut le dire, une sorte de galerie de femmes célèbres, et si quelques-unes d’entre elles, comme la seconde duchesse de Longueville, Mlle de Vertus, la marquise d’Aumont, la reine de Pologne, les duchesses de Luynes et de Liancourt, et quelques autres encore (V. Besoigne, I, 203), ont été jusqu’à leur mort des anges tutélaires, il n’en a pas été de même de plusieurs d’entre elles, telles que Mme de Pontcarré, la première duchesse de Longueville, la princesse de Rohan Guéméné, la duchesse d’Atrie et la marquise de Crèvecœur. Ces bienfaitrices ont assuré la prospérité matérielle du monastère ; ce ne sont pas elles qui ont le plus contribué à la sanctification des religieuses, si ce n’est peut-être en exerçant leur patience et en la mettant parfois à de très rudes épreuves. Quelques-unes d’entre elles ont attiré d’une manière toute particulière l’attention des historiens, et il n’y a pas lieu de redire ce qu’ils ont si bien dit. D’autres ont été moins favorisées, et parmi elles doivent trouver place la princesse de Guéméné et la marquise de Sablé. La princesse n’a pas été étudiée par Sainte-Beuve avec tout le soin que méritaient son dévouement, son courage et ses malheurs, et quant à la marquise, l’historien de Port-Royal ne l’a pas assez regardée par ses beaux côtés. Ce sont deux lacunes que je voudrais tâcher de combler.

La religieuse de Port-Royal qui rédigeait le Nécrologe édité par dom Rivet en 1723, a été plus équitable