Page:Genoude - Les Pères de l'Eglise, vol. 1.djvu/107

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sa demeure la plus ordinaire, saint Chrysostôme n’a pas hésité à l’appeler la colonne de toutes les Églises qui sont dans tout l’univers : Columna omnium quæ in orbe sunt Ecclesiarum. »

Cérinthe, Ébion, Nicolas, compagnons de saint Étienne au diaconat, corrompant la foi de leur baptême, entreprirent de combattre la divinité de Jésus-Christ et de le faire passer pour une simple créature. Saint Jean fit entendre alors ces belles paroles, qui terrassèrent toutes les hérésies naissantes : In principio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat Verbum. Paroles si élevées, si pleines de force et de grandeur, que les païens mêmes en ressentirent l’impression et que les philosophes platoniciens ne purent, dit saint Augustin, leur refuser leur admiration et leurs louanges.

« On voyait alors, dit l’auteur du Dictionnaire des hérésies, des Juifs et des Samaritains qui s’efforçaient d’imiter les miracles des apôtres et qui prétendaient tantôt être le Messie, tantôt une intelligence à qui Dieu avait remis toute sa puissance ; d’autres fois, un génie bienfaisant descendu sur la terre pour procurer aux hommes une immortalité bienheureuse, non après sa mort, mais dans cette vie même : tels étaient Dasithée, Simon, Ménandre.

« D’autres recevaient la doctrine des apôtres et en alliaient les principes, tantôt avec la religion judaïque, tantôt avec les principes de la philosophie d’Alexandre ; ils regardaient les apôtres comme des témoins qui leur attestaient des faits, et ils en cherchaient l’explication dans les principes de la philosophie qu’ils avaient adoptée. Tels étaient ces Chrétiens auxquels saint Paul reprochait de s’amuser à des fables et à des généalogies sans fin. Plusieurs nièrent ou altérèrent, par des explications allégoriques, tout ce qu’ils ne pouvaient concilier avec les principes du système religieux qu’ils s’étaient fait. Ainsi, les nazaréens prétendirent que les apôtres n’avaient point entendu la doctrine de Jésus-Christ, et alliaient le Christianisme et le judaïsme ; ainsi, Gymenée, Alexandre, Philète, Hermogène, etc., rejetèrent le dogme de la résurrection des