Page:Genoude - Les Pères de l'Eglise, vol. 1.djvu/112

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


évangéliste, de saint Mathieu : Marie de qui est né Jésus, qui est appelé le Christ. Sa vie a été un long sacrifice qui n’a fini que par sa mort. C’est ainsi que la fille de David, la descendante des rois, des prêtres de Juda et des grands capitaines qui avaient préservé Israël, devenue l’épouse d’un charpentier, a mérité d’être appelée bienheureuse par toutes les générations et d’être le germe de toute bénédiction et de toute grâce ; car la mort est entrée dans le monde par Ève et la vie par Marie, en sorte que Marie est la mère des vivants comme Ève la mère des morts. « Considérez Marie, dit saint Ambroise, il n’y a rien dans sa conduite qui ne nous instruise. Après Jésus-Christ, l’exemple de Marie est le plus excellent que les Chrétiens puissent se proposer pour la conduite de leur vie. »

Nos lecteurs ont maintenant sous leurs yeux le tableau entier de ce siècle qui a tout créé, tout fondé, tout régénéré, et qu’on peut appeler à juste titre le premier anneau des siècles de vérité. Là se trouvent rassemblées plus de preuves que n’en a jamais exigé aucun événement historique : preuves par les témoins, par les écrits, par les faits. Là vivent, parlent, agissent, écrivent ceux qui ont vu la vie, la mort et la résurrection du fils de Dieu, qui ont entendu sa parole, et qui ont été transformés en hommes nouveaux pour aller annoncer sa doctrine à tout l’univers.

Ce siècle est donc le principe et la source de la foi chrétienne. Ce point de départ du Christianisme une fois bien établi, tout devient clair et facile, tout est applani dans la carrière que nous avons à parcourir. L’autorité, l’infaillibilité de l’Église, son unité, sa mission apostolique commencée par saint Pierre, découlent d’un ensemble de faits et d’idées dont les prémisses sont établies avec la plus grande authenticité.

Dans ce témoignage irrécusable du premier siècle de l’ère chrétienne, rien ne se prouve par induction, tout est écrit par des témoins dispersés à de grandes distances, et qui, sans s’être communiqués, rapportent les mêmes faits. Les quatre évangélistes et tous les apôtres sont dans une concordance