Page:Genoude - Les Pères de l'Eglise, vol. 1.djvu/187

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et c’est pour cela que le Seigneur est irrité, c’est pour cela que vos affaires temporelles vont si mal. Consolez-vous, cependant, prêchez-leur la parole sainte, ne cessez pas de les avertir, Dieu sait qu’ils feront pénitence, et il écrira votre nom au livre de vie. Maintenant, voulez-vous m’entendre lire ? » Et ayant ouvert le livre qu’elle avait à la main, elle lut. Mais Hermas ne put retenir ce qu’elle lisait et ce qui jetait la terreur dans son âme ; ces dernières paroles seulement se gravèrent dans son esprit : « Voici le Dieu des vertus, qui par son invisible force et sa grande sagesse a créé le monde, qui par son conseil glorieux a environné de beauté sa créature, qui par la force de sa parole a affermi le ciel et fondé la terre sur les eaux, et par sa souveraine puissance a formé sa sainte Église, qu’il a bénie ; voici qu’il transportera les cieux et les montagnes, les collines et les mers, et tout sera rempli de ses élus, afin qu’il accomplisse en eux sa promesse, après qu’ils auront observé avec respect et avec joie les lois du Seigneur, qu’ils reçurent avec une foi si pleine et si grande. » Lorsqu’elle eut fini, elle se leva, et quatre jeunes hommes vinrent et emportèrent la chaire à l’orient ; alors elle appela Hermas, lui toucha la poitrine, et lui dit : « Ma lecture vous a-t-elle plu ? — Vos dernières paroles m’ont plu, répondit Hermas, mais les autres sont effrayantes. — Mes dernières paroles sont pour les justes, et les autres pour les apostats et les païens, répartit la vieille femme. » Et soudain deux hommes apparurent qui la prirent sur leurs épaules et la portèrent là où était la chaire à l’orient. Et la vieille était contente, et en partant elle disait : « Courage ! Hermas ! »


II.


L’année suivante, l’esprit enleva de nouveau Hermas dans le même lieu, et après qu’il eut fait sa prière, il vit encore cette même vieille, marchant et lisant un livre qu’elle lui donna à copier : il l’écrivit lettre à lettre, sans pouvoir distinguer les syllabes. À peine eut-il fini que le livre fut arraché de ses mains,