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SECONDE ÉPÎTRE AUX CORINTHIENS.


Mes frères, les sentiments que nous avons sur Dieu nous devons les avoir sur Jésus-Christ, et le regarder comme le juge des vivants et des morts.

Ne pensons pas autrement de l’auteur de notre salut. Si nous n’avions pas de lui ces hautes idées, nous n’aurions pas non plus à espérer de grandes récompenses. Si nous prêtons l’oreille à ceux qui le rabaissent, nous nous rendons coupables et nous ne savons plus de quelle misère nous avons été tirés, ni de quelle manière, ni par qui, ni à quel degré de gloire nous sommes appelés, et tout ce que Jésus-Christ a daigné souffrir pour nous.

Comment nous acquitter envers lui ? Il a fait briller sur nous sa lumière ; comme un père il nous a appelés ses enfants ; il nous a sauvés lorsque nous allions périr. Quel était l’égarement de notre esprit ! Nous adorions la pierre, le bois, l’or, l’argent, l’airain, les ouvrages de l’homme. Notre vie était-elle autre chose qu’une mort ?

C’est Jésus-Christ lui-même qui a éclairé nos ténèbres ; c’est lui qui nous a tendu la main pour nous tirer de cette mort où nous étions plongés sans autre espérance que celle qui vient de lui. Nous n’étions pas encore que déjà il nous avait appelés.

« Réjouissez-vous, dit le prophète, stérile qui n’enfantiez pas ; poussez des cris de joie, vous qui étiez sans enfants et qui paraissiez abandonnée, vous avez aujourd’hui une postérité plus nombreuse que la femme qui avait un époux. » Cette épouse stérile n’est-ce pas la gentilité dont nous faisions partie ? Ne compte-t-elle pas aujourd’hui plus d’enfants que l’épouse dont les fils portaient le nom d’enfants de Dieu ?

L’habileté d’un artiste consiste à soutenir non les édifices solides, mais les édifices qui croulent. Nous tombions dans la mer quand Jésus-Christ nous a sauvés ; nous allions périr quand il nous a rappelés à la vie.