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plus de deux cent cinquante ans après, les portraits des deux apôtres. Saint Paul était petit et chauve. Saint Pierre fut conduit au delà du Tibre, au quartier des Juifs, et crucifié sur le haut du mont Janicule ; son corps fut enseveli dans la voie Aurélia, au Vatican. La femme de saint Pierre souffrit le martyre avant lui. « Souviens-toi du Seigneur, lui dit saint Pierre pendant qu’on la menait au supplice. » Il l’exhorta, la consola, selon les martyrologes, et se réjouit de ce qu’elle retournait à la patrie. Il eut une fille nommée Pétronille, qui vécut vierge et mourut saintement à Rome.

Saint Clément, pape, après avoir parlé de saint Pierre et de saint Paul, ajoute : « Ces hommes divins ont été suivis d’une multitude d’élus qui ont souffert les outrages et les tourments, pour nous donner l’exemple. »

C’est à cette époque que parut à Rome Apollonius de Thyane, dont Philostrate a écrit la vie, cent vingt ans après sa mort. C’était un philosophe qui se faisait passer pour prophète. Voici un exemple de ses prédictions : Il y eut une éclipse de soleil et il tonna en même temps. Apollonius dit, regardant le ciel : « Quelque chose de grand arrivera et n’arrivera pas. » Trois jours après, la foudre tomba sur la table où Néron mangeait, et fit tomber la coupe qu’il tenait près de sa bouche. On prétendit qu’Apollonius avait voulu dire qu’il s’en faudrait de peu que l’empereur ne fût frappé. À la mort d’Apollonius, tous les disciples qui l’avaient suivi pendant sa vie se dispersèrent. Voilà l’homme que la philosophie du dernier siècle voulait opposer à Jésus-Christ !

Après la mort de saint Pierre et de saint Paul, la punition de Néron ne se fit pas attendre. Un an à peine écoulé, ce prince étant à Naples, le jour même où il avait fait tuer sa mère quelques années auparavant, la Gaule et l’Espagne se soulevèrent contre lui. Il n’avait que trente-deux ans, et en avait régné treize. Sa lâcheté ne peut se comparer qu’à sa cruauté. Quand il sut ce qui se passait, il perdit la voix et le mouvement, et ce ne fut qu’à grand’peine qu’il se décida à venir à Rome, où il fut abandonné par ses propres gardes. Déclaré