Page:Genoude - Les Pères de l'Eglise, vol. 3.djvu/235

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des paraboles, et il exclura du lit nuptial l’homme de peu de foi qui exige, pour croire, des preuves éclatantes et matérielles. Tous les livres de l’Écriture, les prophéties, les Évangiles, annoncent hautement, sans la moindre hésitation, dans un langage que tous les hommes, quand même ils n’auraient pas la foi, peuvent facilement comprendre, que c’est un seul et même Dieu, à l’exclusion de tout autre, qui a créé toutes choses par son Verbe, et qui les gouverne par sa sagesse, soit les choses visibles, soit les choses invisibles, tout ce qui est au ciel, sur la terre, dans le sein de la terre et des eaux ; démonstration qui résulte non-seulement des paroles mêmes de l’Écriture, mais encore de notre propre organisation, et de tout le spectacle de l’univers. Combien grande ne paraîtra pas la folie de ceux qui ferment leurs yeux à tant d’évidence, ne veulent pas voir la lumière de la vérité, et combattent leur propre instinct, pour inventer, en torturant le sens des paraboles, un Dieu de leur façon ? Mais ils n’apportent aucune preuve, aucun signe évident, pour constater l’existence de ce Dieu de leur fabrique, dont les saintes Écritures ne font mention nulle part ; et ils reconnaissent eux-mêmes ce défaut de preuves et d’évidence, quand ils en viennent à déclarer que le Sauveur n’a communiqué ce secret qu’à quelques initiés capables de comprendre et de pénétrer la vérité à travers les argumentations, les paraboles et les énigmes qui l’enveloppent. C’est au moyen de ces systèmes qu’ils vont jusqu’à soutenir, qu’outre le Dieu que tout l’univers annonce, il y a un autre Dieu annoncé mystérieusement par les paraboles et les énigmes.

S’attacher exclusivement aux paraboles et à leur double sens pour chercher Dieu, tout en dédaignant les preuves claires, manifestes et indubitables qui nous démontrent son existence, n’est-ce pas la conduite d’insensés et de gens qui se précipitent de gaieté de cœur à travers les écueils ? Oh ! ce n’est pas là bâtir sa maison sur la pierre dure et ferme, et à la clarté du jour ! mais c’est plutôt construire sur le sable mobile et dans les ténèbres. Aussi une pareille construction est-elle facile à renverser.