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le réveiller, d'une main de plus en plus ner- veuse, sur son tambour. Me voici seul, et ce filet qu'ont depuis cinq ans tendu au-des- sous de moi tous les métiers, qui m'a sauvé, j'ai passé pour toujours au travers. Boulan- gers et charbonniers sans couleurs, teintu- riers et peintres aux mains blanches, adieu ! Mon brusque réveil ne fera plus trembler, comme le voyageur qui tire une liane au matin remue toute la forêt, une fde entre- lacée de coiffeurs, de typographes... Mon réveil, tous ces réveils I L'aube, où l'on se décidait enfin à dégrafer son ceinturon, gon- flé par la nuit autant que par une mort.,. L'aube, sur cette ligne où deux soldats seu- lenxent, celui qui touchait la mer, celui qui touchait la Suisse, avaient un côté libre... L'aube, où le ciel souillé s'élevait comme un pauvre linge qu'on appuya, humide du moins, sur la terre, avec la lune au centre, son empreinte livide... Et celte aube dans un moulin, quand un Allemand appuyait de tout son corps contre ma porte, quand je résistais.
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