Page:Goethe-Nerval - Faust Garnier.djvu/239

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PHORKYAS.

Mais la volonté de ton père te destina à Ménélas, qui sut traverser les mers et sut aussi garder sa maison.

HÉLÈNE.

Il lui donna à la fois sa fille et le soin de son empire ; Hermione fut le fruit de celte union.

PHORKYAS.

Mais, tandis que Ménélas conquérait au loin avec valeur l’héritage de Crète, à toi, épouse solitaire, il apparut un hôte d’une beauté fatale.

HÉLÈNE.

Pourquoi me ressouvenir de ce demi-veuvage, et des suites afl’reuses qui en sont résultées pour moi ?

PHORKYAS.

Cette entreprise me valut, à moi, née libre à Crète, la captivité et un long esclavage.

HÉLÈNE.

Il t’a nommée immédiatement intendante, te confiant beaucoup : et le château et le trésor conquis par sa valeur.

PHORKYAS.

Que tu as abandonnés, songeant à Ilion, la ville aux fortes murailles et aux joies inépuisées de l’amour.

HÉLÈNE.

Ne me rappelle pas les joies ! ma poitrine et ma tète furent inondées par des souffrances inexprimables.

PHORKYAS.

Cependant, on dit que tu apparus sous deux faces, comme double fantôme, à la fois dans Ilion et en Egypte.

HÉLÈNE.

Ne rends pas plus confus encore mes sens égarés ; même maintenant, je ne sais, je suis…

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