Page:Goethe-Nerval - Faust Garnier.djvu/99
Mon bon ami, toute théorie est sèche, et l’arbre précieux de la vie est fleuri.
Je vous jure que cela me fait l’effet d’un rêve ; oserai-je vous déranger une autre fois pour profiter plus parfaitement de votre sagesse ?
J’y mettrai volontiers tous mes soins.
Il me serait impossible de revenir sans vous avoir cette fois présenté mon album ; accordez-moi la faveur d’une remarque.
J’y consens. (Il écrit et le lui rend.) Eritis sicut Deus, bonum et malum scientes. (Il salue respectueusement, et se retire.) .
Suis seulement la vieille sentence de mon cousin le serpent, tu douteras bientôt de ta ressemblance divine.
Où devons-nous aller maintenant ?
Où il te plaira. Nous pouvons voir le grand et le petit monde : quel plaisir, quelle utilité seront le fruit de ta course !
Mais, par ma longue barbe, je n’ai pas le plus léger savoir-vivre ; ma recherche n’aura point de succès, car je n’ai jamais su me produire dans le monde ; je me sens si petit en présence des autres ! je serais embarrassé à tout moment.