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JOURNAL D’EDMOND GOT

ment, on n’ait pas même fait mine d’abord de songer à moi pour Don César.

Coquelin, qui semble affecter de n’y tenir guère, finira pourtant par le jouer bien, à la grosse un peu, mais bien, grâce à ses brillantes qualités de voix et d’autorité personnelle.

Mais j’aurais été si sûr, moi, d’y réussir finement, impertinemment et sympathiquement à mon profit, et si en dehors cette fois de mon courant ordinaire, l’imitation frappante d’un type, anonyme aujourd’hui, — puisque Musset est mort depuis vingt-deux ans !

Aussi quel succès dans la boutique, jusque derrière les portants, rien qu’à me l’entendre indiquer, comme à l’improvisade ! Et combien de soirs déjà Augier est-il revenu s’amuser dans ma loge à m’entendre revivre pour lui Mardoche, — entre quatre yeux !

1er mai 1879. — Depuis plusieurs années le Salon a de fausses premières comme nous autres, et le vernissage est sa grande répétition générale, le jour du Tout-Paris.

Je ne me soucie guère généralement de tous ces festivals, où l’on va moins pour voir que pour être vu, mais hier, l’occasion, l’herbe tendre… Bref, voilà ce qui m’a frappé !

Dans la peinture, cinq portraits : Victor Hugo, de Bonnat ; comtesse V…, de Carolus Duran ; Sarah Bernhardt, de Bastien Lepage ; Marquise C… T…, deCabanel ; Mme X…, de Dubois, — tous parfaitement beaux.

Ensuite, une Diane surprise, de Lefebvre ; Fe’te de Silène, par Roll ; Sultane, d’Hébert ; le Soir sur les Terrasses, par Benjamin Constant. Puis deux paysages : la