Page:Gouges - L esclavage des noirs (1792).djvu/18

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.

ſont les moins malheureux. J'ai témoigné tou­jours le même zèle à mon maître ; mais je me ſuis bien gardé de faire connoitre ma façon de penſer à mes camarades. Dieu ! détourne le préſage qui menace encore ce climat, amollis le cœur de nos Tyrans, & rends à l'homme le droit qu'il a perdu dans le ſein même de la nature.


MIRZA

Que nous ſommes à plaindre !


ZAMOR

Peut-être avant peu notre ſort va changer. Une morale douce & conſolante a fait tomber en Europe le voile de l'erreur. Les hommes éclairés jettent ſur nous des regards attendris : nous leur devrons le retour de cette préçieuſe liberté, le premier tréſor de l'homme, & dont des raviſſeurs cruels nous ont privés depuis ſi long-tems.


MIRZA

Je ferois bien contente d'être auſſi inſtruite que toi ; mais je ne fais que t'aimer.


ZAMOR

Ta naïveté me charme ; c'eſt l'empreinte de la Nature. Je te quitte un moment. Va