Page:Gouges - L esclavage des noirs (1792).djvu/23

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SCÈNE VI


VALÈRE, ZAMOR, SOPHIE, MIRZA,


apportant des ſruits & de l'eau ; elle entre en courant, & ſurpriſe de voir une femme, elle s’arrête.


ZAMOR.

APPROCHE, Mirza, ne crains rien. Ce ſont deux infortunés comme nous ; ils ont des droits ſur notre âme.


VALÈRE.

Ètre compâtiſſant à qui je dois la vie & celle de mon épouſe ! tu n’es point un Sau­vage ; tu n’en as ni le langage ni les mœurs. Es-tu le maître de cette Iſle ?


ZAMOR.

Non, mais nous l’habitons ſeuls depuis quelques jours. Vous me paroiſſez François. Si la ſociété d’eſclaves ne vous ſemble pas mépriſable, c’eſt de bon cœur qu’ils partageront avec vous la poſſeſſion de cette Iſle, & ſi le deſtin le veut, nous finirons nos jours enſemble.


SOPHIE,

à Valère.

Que ce langage m’intéreſſe ! (Aux Eſclaves.) Mortels généreux, j’accepterois vos