Page:Gouges - L esclavage des noirs (1792).djvu/27

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VALÈRE.

- Non, les François voient avec horreur l'eſclavage. Plus libres un jour ils s’occuperont d’adoucir votre ſort.


MIRZA,

avec ſurpriſe

Plus libres un jour, comment, eſt-ce que vous ne l’êtes pas ?


VALÈRE.

Nous ſommes libres en apparence, mais nos fers n’en ſont que plus peſans. Depuis pluſieurs ſiècles les François gémiſſent ſous le deſpotisme des Miniſtres & des Courtiſans. Le pouvoir d’un ſeul Maître eſt dans les mains de mille Tyrans qui foulent ſon Peuple. Ce Peuple un jour briſera, ſes fers, & reprenant tous ſes droits écrits dans les loix de la Nature, apprendra à ces Tyrans ce que peut l’union d’un peuple trop long-tems opprimé, & éclairé par une saine philoſophie.


MIRZA.

Oh ! bon Dieu ! Il y a donc partout des hommes méchans !