Page:Gouges - L esclavage des noirs (1792).djvu/34

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

SOPHIE.

Le même que je tiendrois à votre Gouverneur. C’eſt par reconnoiſſance que je m’intéreſſe à ces infortunés, qui connoiſſent mieux que vous les droits de la pitié , & celui dont vous tenez la place étoit ſans doute un homme atroce.


ZAMOR.

Ah ! Madame, ceſſez de le prier ; ſon ame eſt endurcie & ne connoît point l’humanité. Il eſt de ſon emploi de ſignaler tous les jours cette rigueur. Il croiroit manquer à ſon devoir, s’il ne la pouſſoit pas juſqu’à la cruauté.


L’INDIEN.

Malheureux !


ZAMOR.

Je ne te crains plus. Je connois mon ſort & je le ſubirai.


SOPHIE.

Que leur malheur les rend intéreſſans ! Que ne ferois-je point pour les ſauver !


VALÈRE.

à l’Indien

Emmenez-nous, Monſieur, avec eux. Vous nous obligerez de nous retirer d’ici. (À part,) J’eſpère fléchir le Gouverneur.