Page:Gouges - L esclavage des noirs (1792).djvu/5

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rerois mon Ouvrage, ſi une main inviſible n’eût opéré cette révolution à la­quelle je n’ai participé en rien que par la prophétie que j’en ai faite, Cependant on me blâme, on m’accuſe ſans connoître même l’Eſclavage des Noirs, reçu en 1783 à la Comédie Françoiſe, imprimé en 1786, & repréſenté en Décembre 1789. Les Colons, à qui rien ne coûtoit pour aſſouvir leur cruelle ambition, gagnè­rent les Comédiens, & l’on aſſure… que l’interception de ce Drame n’a pas nui à la recette ; mais ce n’eſt point le procès des Comédiens ni des Colons que je veux faire, c’eſt le mien.

Je me dénonce à la voix publique ; me voilà en état d’arreſtation : je vais moi-même plaider ma cauſe devant ce Tribunal auguſte, frivole… mais redou­table. C’eſt au ſcrutin des conſciences que je vais livrer mon procès ; c’eſt à la pluralité des voix que je vais le perdre ou le gagner.

L’Auteur, ami de la vérité, l’Auteur qui n’a d’autre intérêt que de rappeller

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