Page:Gouges - L esclavage des noirs (1792).djvu/79

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SCÈNE IV

Les Les précédens,M. DE SAINT-FRÉMONT, entrant d’un côté & Valère de l’autre. Deux Compagnies de Grenadiers & Soldats conduiſent pluſieurs Eſclaves enchaînés.


VALÈRE,
à M. de Saint-Frémont.

AH ! Monſieur, écoutez nos prières : vous êtes François, vous ſerez juſte.

M. DE SAINT-FRÉMONT.

J’approuve votre zèle ; mais dans ce climat il devient indiſcret ; il a même produit beaucoup de mal. Je viens d’être témoin de l’attentat le plus affreux exercé ſur un Magiſtrat. Il a fallu , contre mon caractère, employer la violence pour arrêter la cruauté des eſclaves. Je ſais tout ce que vous devez à ces malheureux; mais vous n’avez pas le droit de les défendre, ni de changer les loix & les mœurs d’un pays.

VALÈRE.

J’ai du moins le droit que la reconnoiſſance donne à toutes les belles âmes : quelque ſoit votre ſévérité ſimulée , mon cœur en appelle au vôtre.

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