Page:Gourmont - Pendant l’orage.djvu/43

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


glantes là, des filles éventrées, après avoir assouvi les besoins naturels de quelques héros, rendaient les derniers soupirs d’autres, à demi-brûlées, criaient qu’on achevât de leur donner la mort. Des cervelles étaient répandues sur la terre, à côté de bras et de jambes coupés ». Ne dirait-on pas l’aspect d’un village belge, après que les Allemands y eurent passé ? Voltaire a bien vu que ces actes barbares étaient considérés par les Prussiens d’alors comme des manifestations du droit public. Je sais bien qu’il y a beaucoup d’ironie là-dedans et qu’il raille bien plutôt qu’il ne stigmatise les excès de la guerre, mais que les exemples qu’il en donne aient été empruntés aux mœurs des armées du « roi des Bulgares », c’est probablement que ces mœurs étaient déjà des modèles de cette barbarie.