Page:Gustave Flaubert - Œuvres de jeunesse, I.djvu/51

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— Oh ! j’y suis ! s’écria le comte de Rochepeau en se frappant le front, j’y suis ; gagner à force d’argent, de prières, de promesses la dame de Giac, sa maîtresse.

— Sa maîtresse, dit le Dauphin, mais croyez-vous qu’elle va ainsi vendre son amant, sa maîtresse ? Oh ! sa conscience le lui reprocherait éternellement.

— Pardon, Monseigneur, dit un manant qui n’avait pas encore parlé, pardon, car j’ai entendu dire dans mon enfance à un homme fort instruit et très judicieux, je l’ai entendu comparer la conscience à une balance. Dans cette balance il ya un côté pour le bien et un côté pour le mal ; chaque fois que vous mettez une pièce de monnaie dans la balance, le côté du bien s’allège, et le cœur est ainsi gagné.

— Eh bien, dit Tanneguy, vous avez raison, mon cher.

— Oui la dame de Giac est à vendre. Tanneguy, je vous charge du marché, vous êtes un homme de parole et d’action, prenez sur notre bourse, ne craignez rien.

Ils se séparèrent, et l’échelle tremblait sous leurs pas.


V
PLUS DE MAINS ! PLUS DE COURONNES !


Le duc craignait fort quelque surprise,

enfin il se décida, ce fut pour

son malheur.

BARANTE, Histoire des ducs de Bourgogne.


Je ne sais encore si je dois partir… oh ! ce jour là, si j’en réchappe, aura été pour moi un jour bien cruel ; j’ai assisté à bien des batailles, Henriette, j’ai vu bien des sièges, reçu bien des blessures, entendu siffler bien des balles, eh bien, j’aime mieux la plus

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