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— Oh ! j’y suis ! s’écria le comte de Rochepeau en se frappant le front, j’y suis ; gagner à force d’argent, de prières, de promesses la dame de Giac, sa maîtresse.
— Sa maîtresse, dit le Dauphin, mais croyez-vous qu’elle va ainsi vendre son amant, sa maîtresse ? Oh ! sa conscience le lui reprocherait éternellement.
— Pardon, Monseigneur, dit un manant qui n’avait pas encore parlé, pardon, car j’ai entendu dire dans mon enfance à un homme fort instruit et très judicieux, je l’ai entendu comparer la conscience à une balance. Dans cette balance il ya un côté pour le bien et un côté pour le mal ; chaque fois que vous mettez une pièce de monnaie dans la balance, le côté du bien s’allège, et le cœur est ainsi gagné.
— Eh bien, dit Tanneguy, vous avez raison, mon cher.
— Oui la dame de Giac est à vendre. Tanneguy, je vous charge du marché, vous êtes un homme de parole et d’action, prenez sur notre bourse, ne craignez rien.
Ils se séparèrent, et l’échelle tremblait sous leurs pas.
Le duc craignait fort quelque surprise,
enfin il se décida, ce fut pour
son malheur.
BARANTE, Histoire des ducs de Bourgogne.
Je ne sais encore si je dois partir… oh ! ce jour là, si j’en réchappe, aura été pour moi un jour bien cruel ; j’ai assisté à bien des batailles, Henriette, j’ai vu bien des sièges, reçu bien des blessures, entendu siffler bien des balles, eh bien, j’aime mieux la plus