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LIVRE DEUXIÈME

DERNIERS ÉQUIVALENTS POSSIBLES DU DEVOIR

POUR LE MAINTIEN DE LA MORALITÉ.

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CHAPITRE PREMIER

Quatrième équivalent du devoir tiré des plaisirs du risque
et de la lutte.


I

LE PROBLÈME


Rappelons le problème capital qui se pose devant toute morale exclusivement scientifique : Jusqu’où la conscience réfléchie peut-elle se sentir liée par une impulsion, par une pression intérieure qui n’a, par hypothèse, qu’un caractère naturel, non mystique ni même métaphysique, et qui, de plus, n’est complétée par la perspective d’aucune sanction extra-sociale ? Dans quelle mesure la conscience réfléchie doit-elle rationnellement obéir aune « obligation » de ce genre ?

Une morale positive et scientifique, avons-nous dit, ne peut faire à l’individu que ce commandement : Développe ta vie dans toutes les directions, sois un individu