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avec cette sureté de coup d’œil, la voie à suivre. En ces premières années du xxe siècle, une réimpression des Rerum italicarum scriptores a été entreprise, qui sans doute en augmentera le volume dans des proportions considérables ; mais le plan primitif sera scrupuleusement respecté. Il n’est pas de plus bel éloge pour un ouvrage d’érudition, après plus d’un siècle et demi.
Pendant que Muratori, à Modène, entassait documents sur documents, à Naples, Giambattista Vico (1668-1744) appliquait son génie à une conception toute différente, mais également nouvelle et féconde, de l’histoire. La recherche de l’inédit n’était pas son fait : esprit synthétique, apte à construire des systèmes, pourvu d’une riche culture littéraire, philosophique et juridique, Vico a longuement médité, dans la solitude, sur les grands problèmes que pose le spectacle du passé ; il a travaillé à en découvrir la solution ; il s’est appliqué à arracher leur secret aux lois qui régissent les destinées de l’humanité. La philosophie cartésienne, confinée dans l’étude du « moi » et de la pensée, lui semblait faire trop bon marché des leçons que peut donner l’histoire à ceux qui savent l’interroger, pour arriver à la connaissance de l’homme. En 1725, après divers essais partiels en latin, il fit imprimer, en italien, sa Scienza nuova [1], dont parut, cinq ans plus tard, une édition remaniée, définitive. Cette science nouvelle est ce que l’on a appelé depuis la philosophie de l’histoire : Vico a condensé dans ce petit livre, qui ne brille pas par l’agrément de la forme, le fruit des longues réflexions auxquelles il s’est livré sur le développement des sociétés et des peuples,
- ↑ Le titre complet est : Principi di una scienza nuova intorno alla natura delle nazioni, per li quali si ritrovano altri principi del diritto delle genti