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Les seuls vestiges que l’on dit provenir de cette antique demeure et qu’il m’a été donné d’examiner, seraient des moellons formant l’entrée de la maison Bontron. Leur taille cintrée et très sobre d’ornements peut accréditer cette allégation. Cette habitation est, du reste, la plus ancienne ou l’une des plus anciennes de la commune.

On doit donc l’avouer, rien de l’ancien monastère de Cessens n’est encore debout pour en attester l’existence sur le plateau de Paquinôt. Mais, aux preuves que nous venons de présenter, il faut joindre la tradition, restée vivace dans toute la localité, que ce couvent s’élevait réellement sur cet emplacement : il faut ensuite faire appel aux dénominations des lieux voisins, restées les mêmes qu’à l’époque des moines et enfin recourir aux témoignages conserves dans nos archives et par nos anciens historiens.

Qu’il nous suffise de rappeler que, déjà antérieurement à 1126, Gauterin ou Gauthier, seigneur d’Aix, donnait aux moines des Alpes une terre que vulgo quondam Furnalus rocabatur et nunc Comba rocatur, sitam in pago Albanense in monte castri illius quod rulgo Sexenc nuncupatur, est-il dit dans l’acte de donation[1]. Aujourd’hui la montagne au pied de laquelle. tend le plateau de Paquinôt se nomme le Fornet et entre Sexenc et Cessens l’analogie est assez frappante pour ne pas laisser place à un doute.

Vers la fin du seizième siècle, Alphonse Delbene, un des plus célèbres abbés dont s’honore Hautecombe, prié par le supérieur général de Cîteaux de lui faire connaître l’état des monastères de son ordre en Savoie, lui adressa

  1. Voir, à la fin de cet ouvrage, le texte de cette charte nous le n°1 des Documents.