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demander sa bénédiction. Il arriva enfin à Besançon, d’où il fut conduit jusqu’à Langres ; et là, non loin de la ville, il trouva ses religieux qui l’attendaient, impatients de revoir leur père. « Tous, dit un chroniqueur, se mirent à genoux et l’embrassèrent, chacun lui parlant à son tour, et, pleins d’allégresse, ils le ramenèrent à Clairvaux[1].

Ce récit de son retour en France, extrait des Annales de Cîteaux, indique qu’il dut passer par le Valais et, dès lors, dans les environs de l’abbaye d’Aulps. Rien ne prouve qu’il s’y rendit. Mais ce qui permet de hasarder cette supposition, c’est que l’abbaye d’Aulps, comptant alors bientôt un demi-siècle d’existence, était déjà importante ; c’est qu’elle était sortie de Molesme comme celle de Cîteaux, dont plus tard était issu à son tour Clairvaux ; c’est qu’enfin, cette même année, saint Guérin réforma le genre de vie de ses religieux, et que, l’année suivante, son monastère fut agrégé à l’ordre de Cîteaux et affilié spécialement à Clairvaux[2].

Visita-t-il « ses pauvres frères d’Hautecombe ? » Nous l’ignorons ; mais nous pouvons affirmer qu’ils entrèrent définitivement dans la grande famille cistercienne, quelques mois après son nouveau passage dans les Alpes. Au milieu de la divergence des rares documents qui peuvent

  1. Manrique, Annales ci
  2. Manrique rapporte à cette date de 1136 l’agrégation de l’abbaye d’Aulps à Cîteaux : c’est aussi l’opinion des annotateurs des Œuvres de saint Bernard, édition Palmé, 1866. — Voir Lettres de saint Bernard, l42 et 254. — La date de 1121, adoptée par Ménabréa, est inexacte.
    On lit, à ce sujet, dans la Chronologia Bernardina, qui précède les Œuvres de saint Bernard dans la Pathologie de l’abbé Migne, vol. 182, sous la date de 1136 : Denique adoptatur monasterium Alpense, tradente Guarino abbate.