Page:Hobbes - Léviathan - Tome I.djvu/31

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XXVII!

caractère de valeur adaptative comparable au fait mor- phologique d'avoir cinq doigts ou au fait physiologique de marcher sur les deux extrémités postérieures qui est la façon humaine de marcher, dans laquelle rentrent les façons particulières de marcher des différents hom- mes. Elle a en effet contribué pour sa part à faire qu'il existe des hommes, qu'ils ont persisté en tant qu'hom- mes et qu'ils persistent encore. La conception du général et du nécessaire sans laquelle aucun homme ne pour- rait subsister, puisque n'aboutissant à d'autre con- naissance que la particulière il serait même incapable de prudence, entre au premier chef dans la. façon hu- maine de penser et, il en est de même de notre concept de mécanisme. L'individu tient donc ces concepts d'où procède la science, puisqu'en dérive le. postulat causal qui en est le fondement, de ses ancêtres chez qui, comme les autres caractères naturels, ils se sont déve- loppés sous l'influence des circonstances et suivant un processus qui dans le cas particulier reste à- déter- miner. Et la Logique vue en elle-même est le résultat des progrès incessants que réalise l'entendement humain s'adaptant de mieux en mieux aux conditions de la vie humaine. De même qu'on développe ses muscles par le travail, on développe la Logique en soi par l'exercice, et, ainsi, au cours des générations, se poursuit la spé- cialisation intellectuelle. Envisagée en tant que connais- sance, la Logique est celle des résultats acçumulés de l'expérience acquise au cours dès siècles par l'entende- ment humain s'appliquant à interpréter les données des observations et des expériences humaines. Envisagée en tant qu'art d'application, elle est celui d'utiliser l'en- tendement humain à l'édification de la Science.