Page:Homère - Odyssée, traduction Leconte de Lisle, 1893.djvu/462

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III


À Midès.


Je suis une vierge d’airain et je suis placée sur le tombeau de Midès. Tant que l’eau coulera, que les grands arbres verdiront, que Hèlios resplendira en se levant, ainsi que la brillante Sélènè, que les fleuves déborderont et que la mer bouillonnera, restant en ce lieu, sur ce tombeau mouillé de larmes, je raconterai à ceux qui passent que Midès est enseveli ici.




IV


Aux Kymaiens.


Pour quelle destinée le père Zeus m’a fait tomber, nouveau-né, sur les genoux d’une mère vénérable, et m’a nourri !

Par la volonté de Zeus tempêtueux, les peuples de Phrikôn, dompteurs de chevaux rapides, braves et se vouant à Arès comme le feu dévorant, entourèrent autrefois de murailles l’Aiolide Smyrnè, maritime et battue par la mer et que traversent les belles eaux du Mèlès sacré.

Les filles de Zeus, illustres enfants, étant parties de là, voulaient célébrer la terre divine et la ville des hommes. Mais ceux-ci, dans leur démence, repoussèrent la voix sacrée et la révélation du chant. Celui qui les a éprouvés comprendra ce qui a causé, à leur honte, ma destinée mauvaise.

Mais je supporterai la Kèr qu’un Dieu m’a faite à ma naissance, j’endurerai d’un cœur patient l’inaccomplissement