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BUG-JARGAL.
Il détacha une pierre énorme. (Page 18.)

un malin plaisir à l’accabler de travail et de vexations. Il paraît néanmoins qu’ils ne pouvaient s’empêcher de respecter le sentiment de fierté qui l’avait porté à outrager mon oncle. Aucun d’eux n’avait jamais osé lui infliger de punitions humiliantes. S’il leur arrivait de l’y condamner, vingt nègres se levaient pour les subir à sa place ; et lui, immobile, assistait gravement à leur exécution, comme s’ils n’eussent fait que remplir un devoir. Cet homme bizarre était connu dans les cases sous le nom de Pierrot.

XII

Tous ces détails exaltèrent ma jeune imagination. Marie, pleine de reconnaissance et de compassion, applaudit à mon enthousiasme, et Pierrot s’empara si vivement de notre intérêt, que je résolus de le voir et de le servir. Je rêvai aux moyens de lui parler.

Quoique fort jeune, comme neveu de l’un des plus riches colons du Cap, j’étais capitaine des milices de la paroisse de l’Acul. Le fort Galifet était confié à leur garde, et à un détachement des dragons jaunes, dont le chef, qui était pour l’ordinaire un sous-officier de cette compagnie, avait le commandement du fort. Il se trouvait justement à cette époque que ce commandant était le frère d’un pauvre colon auquel j’avais eu le bonheur de rendre de très-grands services, et qui m’était entièrement dévoué…

Ici tout l’auditoire interrompit d’Auverney en nommant Thadée.